LES ESTAMPILLES
Reconnaître les marques au fer authentiques
En France, lestampille est devenue obligatoire aux menuisiers et ébénistes en 1743. Ils devaient lappliquer sur tous leurs ouvrages.
En accédant à la maîtrise, cette marque individuelle était appliquée sur une plaque de plomb-témoin à la Jurande des Maîtres Menuisiers et Ebénistes.
Un morceau de fer épais rectangulaire, placé ou non au bout dun manche était sculpté de leur nom en relief. Le Maître nen possédait quun qui ne changeait pas tout au long de lexercice professionnel. Lestampille était souvent accompagnée sur les meubles dune autre marque appliquée par un poinçon sculpté des lettres accolées:
«JME» -Juré Menuisier Ebéniste- certains ébénistes travaillant dans la capitale ajoutaient un poinçon: «A PARIS»
Des ébénistes travaillant pour la couronne étaient exemptés de cette règle qui, en fait permettait le contrôle du travail en vue du paiement des redevances.
Pour vérifier lauthenticité dune estampille, il est nécessaire détablir un comparatif avec un document original. Les deux doivent être rigoureusement semblables. Il est à noter que lestampille dépoque comporte parfois des irrégularités surprenantes ou une erreur orthographique faite par le maître lui-même à cause de la difficulté de sculpter son nom à lenvers. On découvre de nombreuses lettres «N» inversées. Au XVIIIème siècle des subdivisions corporatives étaient établies pour définir les règles rigoureuses réservées aux communautés des menuisiers-ébénistes et des peintres-sculpteurs qui devaient travailler parfois sur un même meuble sans outrepasser leur spécialité.
|
|
|
Exemple d'une estampille célebre dont le N sculpté à l'envers n'a jamais été rectifié
|
Des lignées de menuisiers, en sièges notamment, utilisèrent la même estampille, sauf un: Gourdin, qui, mécontent du travail de ses fils leur interdit demployer la sienne et obtint lautorisation de la Jurande parisienne de refaire son fer pour ajouter à son patronyme sa spécification familliale «Père» doù: «Père Gourdin».
A. LOVREGLIO